Question #2

Au sortir de la Renaissance, l’Académie s’est-elle imposée comme l’institution de référence dans le domaine des arts. D’où vient-elle ? Quelles en sont les missions ? Quels sont les principes qui la régissent et en quoi le cadre qu’elle impose se voit-il par certains artistes assimilé à une limite à franchir ? Comment l’artiste au XIXe siècle gagne-t-il en indépendance et par quels aspects annoncent-il la figure du « moderne »?

Origine de l’académie

Fondamentale au 19e: position par rapport à l’académie (modele enraciné dans l’antiquité, modele platonicien). Chez Platon c’est une école où il dispense de la philosophie (sciences, géométrie, arithmétique etc).

À la Renaissance, ce modèle se réactualise; antiquité comme un mythe que l’on doit absolument copier. Marcile Ficin, philosophe de la renaissance, dit néo-platonicien; lit et traduit Platon en latin, grand spécialiste de Platon. Il réunit penseurs autour de lui dans une veine néo-platonicienne dans la villa medicea à Careggi et cette ville devient une académie platonicienne. Accession par les arts mécaniques sur arts libéraux. Cette académie en inspire bien d’autres. En 1563 à Florence apparait la première académie d’art (de dessin), fondée par Giorgio Vasari. Le modele se multiplie en Italie puis en France au 17e (fondé en 1635 en France par Richelieu). Se structure comme une forme d’institution rigide et contraignante, devient unique lieu possible où l’on peut apprendre l’art jusqu’au 19e siècle. Plusieurs types (littéraires, scientifiques, artistiques..) —> appartient à une culture plus laïque; lieu de rassemblement des intellectuels. L’académie rompt définitivement avec le statut artisan/artiste: l’artiste n’est plus un artisan mais un intellectuel —> nouveau modele à deux pdv Toutes puissantes car elles organisent les premières expositions, donnent des prix —> référence du bon gout (nouveauté, le jugement de goût n’est pas discuté avant 17e), des bons critères.

L’académie est une assemblée avant d’être un lieu. Académie de peinture puis de danse, de musique, archi etc. Invention des « beaux arts » (arts majeurs). Académie est une institution sous la tutelle du roi, pas indépendante. Pour rentrer à l’académie en tant qu’artiste, il faut se situer en genre (types plus ou moins importants > donc artiste plus ou moins bien vu) > genre par excellence= la peinture d’histoire; autres genres biens considérés (décroissant)= le portrait, peinture de paysages, scènes de genre, nature morte (vanité: réflexion philosophique sur le coté non pereine de la vie).

Nouveau: le publique vient voir les oeuvres > public et exposition = nouvelles notions. « salon » par extension devient un mot pour expo

Mouvements anti-académiques du 19e siècle

Trois mouvements principaux contribuent à contrecarrer le modele de l’académie, cherchent à s’émanciper :

Romantisme (première moitié du 19e)

  • tendance qui traverse l’Europe
  • référence à la littérature du moyen âge (le roman)> écrite en roman, la langue du peuple
  • traverse les arts en général: esprit politique, musique, peinture
  • retour non plus à l’antiquité mais au moyen âge, ras le bol des canons de beauté. temps un peu obscure, flou et nébuleux, coté exotique & mystérieux
  • caractéristique principale: l’artiste a la possibilité d’exprimer une émotion, une sensibilité, une subjectivité, le pathos
  • sujet violent (explorer le pathos), le monde du rêve
  • innovation stylistique dans le rendu de la couleur
  • en réaction au néo-classicisme
  • la nature devient un miroir de l’âme de l’artiste, la nature comme sujet ou personnage (≠paysagisme)

La mort de Sardanapale, Eugène Delacroix (1827)

Eugène Delacroix - La Mort de Sardanapale.jpg

sujet violent, tragique. Couleur et plastique transmettent la violence (torrent de sang avec le lit, couleurs sombres et rouges rappelant le feu de la cité), contrastes violents (clair-obscur). Oeuvre rejeté par la critique du temps, ne correspond pas aux canons de l’Académie —> scandale (scandale= germe de la modernité)

Berlioz et Lord Byron se sont tous deux aussi inspiré du même sujet

  • la figure de l’artiste romantique: mélancolique, dans un atelier personnel plutôt que atelier d’artistes, retiré de la société, solitaire, génie posthume, vanité (pr la même représentation), investit tout dans son art quitte à ne pas être compris des autres Portrait d’un artiste dans son atelier, attribué à Géricault (1812)

((lien avec photo de Jackson Pollock)

Le pauvre poète, Carl Spitzweg (1839)

Le chef d’oeuvre inconnu, Honoré de Balzac (nouvelle)

Réalisme

Réalisme (début environ 1850)

  • réaction au Romantisme
  • but est de dépeindre la réalité au plus près dans ce qu’elle a de plus cru sans forme d’idéalisation quelconque (ce que continuait à avoir les romantiques)
  • courant qui se retrouve en littérature aussi, produire un effet de réel (Zola)
  • ≠ de la pratique d’atelier académique : on sort pour aller constater la vie (paysan par exemple)
  • nouveauté: ça amène l’engagement de l’artiste au sein de la société, mission sociale
  • chef de file: Gustave Courbet

L’atelier du peintre. Allégorie Réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique (et morale), 1855

Prise de position sur la peinture, manifeste. Le peintre au centre. Format proche de celui de la peinture d’histoire (clin d’oeil). Groupes de part et d’autres du peintre. À gauche= des allégories, typologies sociales (curés, croque morts, braconniers) qui vivent de la mort (cote malsain de la vie) dans la noirceur du monde. À droite, des personnes réelles, contemporaines de Courbet, rattachées au domaine de l’art et de la culture (Baudelaire notamment lit assis tout à droite; collectionneurs) qui vivent de la vie, de son côté jouissif. L’artiste est au coeur de la société, il amène la religion de l’art et repartage les groupes sociaux, il s’engage dans la transformation politique du monde (Courbet proche de Proudhon)

Jean-François Millet, L’Angelus (1857-59)

Impressionnisme

(permet réellement l’affranchissement)

Edouard Manet, Le Déjeuner sur l’herbe (1863)
  • beaucoup s’offusque de ne pas être accepté dans les salons officiels, crée le salon des refusés (année?)
  • Edouard Manet, Le Déjeuner sur l’herbe (1863) —> scandale (femme nue dans un contexte anecdotique +femme regarde le spectateur, suscite le rire)- les artistes ne veulent plus du salon, ils sont plus libres
  • Claude Monet, Renoir, Pissaro, Cézane se structurent et s’organisent
  • Monet et Renoir peignent des oeuvres sur la grenouillère (lieu) avec technique particulière, importance de la lumière. Petits tubes de peinture que l’on peut transporter dehors, donc possibilité de se confronter à la lumière du jour. Apparition de la photographie donc le réalisme n’est plus important, la peinture doit dès lors donner une impression —> donc lumière et couleur importantes dans ce but. Newton avant découvre le prisme, décompose la lumière blanche —> apparition d’une roue de couleur (majeure/mineure) > meilleure compréhension de la façon dont fonctionnent les couleurs > petites touches/taches de peintures donnent l’impression, c’est l’oeil qui recalcule
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Ateliers de Nadar

1874 dans les ateliers de Nadar, ils organisent leur première exposition > moment de rupture, de libération des artistes (face à l’académie). 39 artistes exposés en marge du monde de l’art

Impression, soleil levant, Claude Monet, 1872

le mot impressionniste vient d’une critique foudroyante et péjorative face à Impression soleil levant de Monet.

scandale: « une révolution de peinture qui débute en faisant de la terreur » (caricature) —> ce sera la technique des modernes société se dissout puis en 1884 apparait une autre société qui organise « le salon des indépendants » par la société des artistes indépendants. Envie principale est d’abolir les jurys d’admission, personne n’est refusé. Permet à une série d’artistes (pointillistes, fauvistes, cubistes…) de trouver un lieu d’expo et d’expression donc vraiment un événement majeur. C’est ici que nait l’art moderne.

Querelle des anciens et des modernes

Dans les académies un débat entre faire survivre les arts du passé et donc continuer de copier les grands maitres VS ceux qui veulent innover (tradition VS innovation). Notamment très vif en littérature.

Elle se structure par groupes au début du 20e. Apparaissent ainsi les avant-gardes « historiques » (car il y en aura encore dans les années 60). Ceux qui sont en avance sur leur temps. Terme opposé à « l’académisme » = ceux qui ont été refusé, qui se libère des conventions. Rupture du goût (notamment celui du public).

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