Disclaimer

Voilà les notes de Sarah qu’elle a organisées en fonction des questions fournies par le prof, remises en forme et adjointes d’illustrations pour votre bon plaisir. Merci beaucoup beaucoup beaucoup à elle !!!

Comme d’habitude, les notes ne sont pas parfaites, faites preuve d’esprit critique, ça peut servir, et n’hésitez pas à faire remonter des erreurs 🙂

Question #1

« Art » : une notion relative ou universelle ?
« L’artiste » : une figure immuable ? Expliquez.

Marcile Ficin, philosophe de la renaissance, dit néo-platonicien; lit et traduit Platon en latin, grand spécialiste de Platon. Il réunit penseurs autour de lui dans une veine néo- platonicienne dans la villa medicea à Careggi et cette ville devient une académie platonicienne. Accession par les arts mécaniques sur arts libéraux. Cette académie en inspire bien d’autres. Plusieurs types (littéraires, scientifiques, artistiques..) —> appartient à une culture plus laïque; lieu de rassemblement des intellectuels. L’académie rompt définitivement avec le statut artisan/artiste: l’artiste n’est plus un artisan mais un intellectuel —> nouveau modele à deux pdv

L’académie est une assemblée avant d’être un lieu. Académie de peinture puis de danse, de musique, archi etc. Invention des « beaux arts » (arts majeurs). Académie est une institution sous la tutelle du roi, pas indépendante. Pour rentrer à l’académie en tant qu’artiste, il faut se situer en genre (types plus ou moins importants > donc artiste plus ou moins bien vu) > genre par excellence= la peinture d’histoire; autres genres biens considérés (décroissant)= le portrait, peinture de paysages, scènes de genre, nature morte (vanité: réflexion philosophique sur le coté non pereine de la vie).

Question #2

Au sortir de la Renaissance, l’Académie s’est-elle imposée comme l’institution de référence dans le domaine des arts. D’où vient-elle ? Quelles en sont les missions ? Quels sont les principes qui la régissent et en quoi le cadre qu’elle impose se voit-il par certains artistes assimilé à une limite à franchir ? Comment l’artiste au XIXe siècle gagne-t-il en indépendance et par quels aspects annoncent-il la figure du « moderne »?

Origine de l’académie

Fondamentale au 19e: position par rapport à l’académie (modele enraciné dans l’antiquité, modele platonicien). Chez Platon c’est une école où il dispense de la philosophie (sciences, géométrie, arithmétique etc).

À la Renaissance, ce modèle se réactualise; antiquité comme un mythe que l’on doit absolument copier. Marcile Ficin, philosophe de la renaissance, dit néo-platonicien; lit et traduit Platon en latin, grand spécialiste de Platon. Il réunit penseurs autour de lui dans une veine néo-platonicienne dans la villa medicea à Careggi et cette ville devient une académie platonicienne. Accession par les arts mécaniques sur arts libéraux. Cette académie en inspire bien d’autres. En 1563 à Florence apparait la première académie d’art (de dessin), fondée par Giorgio Vasari. Le modele se multiplie en Italie puis en France au 17e (fondé en 1635 en France par Richelieu). Se structure comme une forme d’institution rigide et contraignante, devient unique lieu possible où l’on peut apprendre l’art jusqu’au 19e siècle. Plusieurs types (littéraires, scientifiques, artistiques..) —> appartient à une culture plus laïque; lieu de rassemblement des intellectuels. L’académie rompt définitivement avec le statut artisan/artiste: l’artiste n’est plus un artisan mais un intellectuel —> nouveau modele à deux pdv Toutes puissantes car elles organisent les premières expositions, donnent des prix —> référence du bon gout (nouveauté, le jugement de goût n’est pas discuté avant 17e), des bons critères.

L’académie est une assemblée avant d’être un lieu. Académie de peinture puis de danse, de musique, archi etc. Invention des « beaux arts » (arts majeurs). Académie est une institution sous la tutelle du roi, pas indépendante. Pour rentrer à l’académie en tant qu’artiste, il faut se situer en genre (types plus ou moins importants > donc artiste plus ou moins bien vu) > genre par excellence= la peinture d’histoire; autres genres biens considérés (décroissant)= le portrait, peinture de paysages, scènes de genre, nature morte (vanité: réflexion philosophique sur le coté non pereine de la vie).

Nouveau: le publique vient voir les oeuvres > public et exposition = nouvelles notions. « salon » par extension devient un mot pour expo

Mouvements anti-académiques du 19e siècle

Trois mouvements principaux contribuent à contrecarrer le modele de l’académie, cherchent à s’émanciper :

Romantisme (première moitié du 19e)

  • tendance qui traverse l’Europe
  • référence à la littérature du moyen âge (le roman)> écrite en roman, la langue du peuple
  • traverse les arts en général: esprit politique, musique, peinture
  • retour non plus à l’antiquité mais au moyen âge, ras le bol des canons de beauté. temps un peu obscure, flou et nébuleux, coté exotique & mystérieux
  • caractéristique principale: l’artiste a la possibilité d’exprimer une émotion, une sensibilité, une subjectivité, le pathos
  • sujet violent (explorer le pathos), le monde du rêve
  • innovation stylistique dans le rendu de la couleur
  • en réaction au néo-classicisme
  • la nature devient un miroir de l’âme de l’artiste, la nature comme sujet ou personnage (≠paysagisme)

La mort de Sardanapale, Eugène Delacroix (1827)

Eugène Delacroix - La Mort de Sardanapale.jpg

sujet violent, tragique. Couleur et plastique transmettent la violence (torrent de sang avec le lit, couleurs sombres et rouges rappelant le feu de la cité), contrastes violents (clair-obscur). Oeuvre rejeté par la critique du temps, ne correspond pas aux canons de l’Académie —> scandale (scandale= germe de la modernité)

Berlioz et Lord Byron se sont tous deux aussi inspiré du même sujet

  • la figure de l’artiste romantique: mélancolique, dans un atelier personnel plutôt que atelier d’artistes, retiré de la société, solitaire, génie posthume, vanité (pr la même représentation), investit tout dans son art quitte à ne pas être compris des autres Portrait d’un artiste dans son atelier, attribué à Géricault (1812)

((lien avec photo de Jackson Pollock)

Le pauvre poète, Carl Spitzweg (1839)

Le chef d’oeuvre inconnu, Honoré de Balzac (nouvelle)

Réalisme

Réalisme (début environ 1850)

  • réaction au Romantisme
  • but est de dépeindre la réalité au plus près dans ce qu’elle a de plus cru sans forme d’idéalisation quelconque (ce que continuait à avoir les romantiques)
  • courant qui se retrouve en littérature aussi, produire un effet de réel (Zola)
  • ≠ de la pratique d’atelier académique : on sort pour aller constater la vie (paysan par exemple)
  • nouveauté: ça amène l’engagement de l’artiste au sein de la société, mission sociale
  • chef de file: Gustave Courbet

L’atelier du peintre. Allégorie Réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique (et morale), 1855

Prise de position sur la peinture, manifeste. Le peintre au centre. Format proche de celui de la peinture d’histoire (clin d’oeil). Groupes de part et d’autres du peintre. À gauche= des allégories, typologies sociales (curés, croque morts, braconniers) qui vivent de la mort (cote malsain de la vie) dans la noirceur du monde. À droite, des personnes réelles, contemporaines de Courbet, rattachées au domaine de l’art et de la culture (Baudelaire notamment lit assis tout à droite; collectionneurs) qui vivent de la vie, de son côté jouissif. L’artiste est au coeur de la société, il amène la religion de l’art et repartage les groupes sociaux, il s’engage dans la transformation politique du monde (Courbet proche de Proudhon)

Jean-François Millet, L’Angelus (1857-59)

Impressionnisme

(permet réellement l’affranchissement)

Edouard Manet, Le Déjeuner sur l’herbe (1863)
  • beaucoup s’offusque de ne pas être accepté dans les salons officiels, crée le salon des refusés (année?)
  • Edouard Manet, Le Déjeuner sur l’herbe (1863) —> scandale (femme nue dans un contexte anecdotique +femme regarde le spectateur, suscite le rire)- les artistes ne veulent plus du salon, ils sont plus libres
  • Claude Monet, Renoir, Pissaro, Cézane se structurent et s’organisent
  • Monet et Renoir peignent des oeuvres sur la grenouillère (lieu) avec technique particulière, importance de la lumière. Petits tubes de peinture que l’on peut transporter dehors, donc possibilité de se confronter à la lumière du jour. Apparition de la photographie donc le réalisme n’est plus important, la peinture doit dès lors donner une impression —> donc lumière et couleur importantes dans ce but. Newton avant découvre le prisme, décompose la lumière blanche —> apparition d’une roue de couleur (majeure/mineure) > meilleure compréhension de la façon dont fonctionnent les couleurs > petites touches/taches de peintures donnent l’impression, c’est l’oeil qui recalcule
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Ateliers de Nadar

1874 dans les ateliers de Nadar, ils organisent leur première exposition > moment de rupture, de libération des artistes (face à l’académie). 39 artistes exposés en marge du monde de l’art

Impression, soleil levant, Claude Monet, 1872

le mot impressionniste vient d’une critique foudroyante et péjorative face à Impression soleil levant de Monet.

scandale: « une révolution de peinture qui débute en faisant de la terreur » (caricature) —> ce sera la technique des modernes société se dissout puis en 1884 apparait une autre société qui organise « le salon des indépendants » par la société des artistes indépendants. Envie principale est d’abolir les jurys d’admission, personne n’est refusé. Permet à une série d’artistes (pointillistes, fauvistes, cubistes…) de trouver un lieu d’expo et d’expression donc vraiment un événement majeur. C’est ici que nait l’art moderne.

Querelle des anciens et des modernes

Dans les académies un débat entre faire survivre les arts du passé et donc continuer de copier les grands maitres VS ceux qui veulent innover (tradition VS innovation). Notamment très vif en littérature.

Elle se structure par groupes au début du 20e. Apparaissent ainsi les avant-gardes « historiques » (car il y en aura encore dans les années 60). Ceux qui sont en avance sur leur temps. Terme opposé à « l’académisme » = ceux qui ont été refusé, qui se libère des conventions. Rupture du goût (notamment celui du public).

Question #3

Mettez en perspective historique les notions suivantes: avant-garde et manifeste. En quoi le manifeste est nécéssaire à l’avant-garde?

Elle se structure par groupes au début du 20e. Apparaissent ainsi les avant-gardes « historiques » (car il y en aura encore dans les années 60). Ceux qui sont en avance sur leur temps. Terme opposé à « l’académisme » = ceux qui ont été refusé, qui se libère des conventions. Rupture du goût (notamment celui du public). Avant-garde= terme militaire= ceux qui vont au front en premier, les plus courageux donc. Le terme apparait en 1825 chez l’écrivain Henri Saint-Simon dans Opinions littéraires philosophiques et industrielles associé à une démarche culturelle et à l’idée d’une révolution. « C’est nous artistes, qui vous servirons d’avant-garde: la puissance des arts est en effet la plus immédiate et la plus rapide. Nous avons des armes de toute espèce: quand nous voulons répandre des idées neuves parmi les hommes, nous les inscrivons dans le marbre ou sur la toile. Quelle plus belle destinée pour les arts, que d’exercer sur la société une pression, une véritable sacerdoce et s’élancer en avant de toutes les facultés intellectuelles, à l’époque de leur plus grand développement! » (sacerdoce= fonction qui présente un caractère religieux en raison du dévouement qu’elle exige)

Repris 20 ans plus tard par un critique d’art pour parler du rôle des artistes (précurseur et initiateur) de leur projet.

Implique un engagement politique. Chacune des avant-gardes se rapproche à une idéologie politique.

Futurisme

Les futuristes = éloge du progrès, de la modernité, du mouvement, de la vitesse, de la guerre (meilleure solution pour faire table rase). Marinetti (chef pensante desfuturistes) a apporté un soutient réel à Mussolini. Futuristes russes eux au contraire était de gauche.

Manifeste = publication d’un texte qui rend compte d’une prise de position.

Plus souvent politique ou esthétique. Premier manifeste dans les arts plastiques: manifeste futuriste en 1909 dans les colonnes du Figaro. C’est un geste littéraire posé sur la place publique. Première fonction: se regrouper entre partisans; permet la constitution ou la consolidation d’un projet. Apparaissent ainsi les courants (ils se regroupent sous mêmes idéaux ≠ « écoles »= terme qui vient plus tard pour désigner ensembles d’oeuvres qui répondent aux mêmes critères). Le manifeste c’est s’associer avec d’autres mais aussi se dissocier de 1-ce qui s’est passé avant et 2-des autres groupes. Affirmation d’une singularité collective. Innovation plutôt que répétition. Être en marge plutôt que dans la norme. Artiste prophète qui s’estime en avance sur son temps ≠ artiste mondain. Régime de la singularité. Créer le scandale volontairement, bouleverser les mentalités. Cette singularité s’affirme en règles.

Manifeste du Futurisme, publié dans le Figaro en 1909

thème: la guerre (ex: Train blindé en action, Gino Severinii)

montre l’action en train de se faire, le dynamisme, le mouvement décomposé

L’art des bruits > manifeste publié en 1913 par Luigi Rossolo et Balilla Pratella

  • le bruit est une invention du 19e, avant ça il y avait des sons (naturels par exemple) mais qui n’ont pas ce coté permanent et ronronnant des machines industrielles.
  • fait une évolution de la musique depuis Pythagore: comment l’accord est composé, comment il s’est structuré, il est de plus en plus complexe pour notre oreille et on a de plus en plus recours aux dissonances. Ce qui rapproche la musique de ce qu’il appelle le son-bruit. La musique est ennuyeuse. Il faut donc réinventer la musique afin de ré-exciter notre sensibilité émoussé, en passant bien entendu par la table rase. Il recommande d’écouter le bruit de la ville.
  • établis une classification des sons en 6 catégories. et il veut y ajouter des sons nouveaux
  • il crée des instruments bruitistes: Intonarumori= les joueurs de bruits —> produisent des sons de machine
  • concerts futuristes —> scandale
  • bcp de compositeurs intègre la substance bruit dans leur musique

Apparaissent aussi les premières performances, consistant à incarner le mode de vie futuriste (dadaïste, surréaliste..) —> l’art comme style de vie, l’idéologie va au delà de la pratique plastique, appliquer les préceptes à la vie de tous les jours (philosophie).

Oeuvre d’art total, transgresser les frontières des disciplines

Le courant s’enracine dans l’Italie des années 1910.

Le futurisme russe au contraire relie la cause sociale, se font les portes-paroles de la révolution d’octobre (guerre aussi mais côté peuple pas pouvoir). —> Arseny Avraamov, La symphonie des sirènes, 1922, à Baku. Oeuvre musicale bruitiste, dont le but est de susciter en chaque individu patriote un enthousiasme révolutionnaire. Oeuvre collective et participative à une échelle globale, ne se joue pas dans une salle mais dans la ville (avions, tanks.. pour former l’instrumentarium). Le bruit comme arme évident dans cette oeuvre.Au meme moment se met en place une forme d’abstraction picturale sur base de

manifeste futuriste: le courant rayonniste avec Mikhail Larionov et ?

Montre le motif en mouvement mais aussi le présenter en tant qu’irradiation d’énergie (nouvelle science, découverte de la radio-activité). Rayonnisme fera aussi l’objet d’un manifeste. Inspiré par des conférences de Marinetti donné à Moscou

Dadaïsme

Hugo Ball > origine de la pensée dadaïste puisqu’il avait publié en 1915 un manifeste sous forme de tract, intitulé Le Manifeste Littéraire où il dévoile son nihilisme et négativisme: « nous ne somme pas assez naïfs pour croire dans le progrès (..) des valeurs littéraires » Nie toute création artistique, refus de l’art et de la culture Contexte socio-politique particulier: Zurich en 1916. Hugo Ball s’exile à Zurich et ouvre un lieu avec sa compagne afin de rassembler des artistes (Hans Arp et Tristan Tzara). Ils ouvrent le Cabaret Voltaire. S’inspirant des cabarets parisiens de la fin des années ? et de mixer avec les cabarets allemands du début du 20e.

Manifeste Dada, 1918

Le nom dada fait l’unanimité en 1916

Certains veulent créer une galerie et une revue, d’autres sont réticents, notamment Hugo Ball qui refuse de faire de Dada un courant/système artistique, il veut que ce soit une philosophie un mode de vie.

Programmation d’événements dada au cabaret > s’émancipe du contexte zurichois et s’étend. Un des membres quitte Zurich pour Berlin car opposé au côté petite économie culturelle, à la création d’un système. Le dada berlinois est bien plus offensif, il s’oppose à différentes courants artistiques, cherchent à choquer lors de leur soirées. Au même moment en 17-18, une branche états-uniennes se développe > après la guerre bcp d’européens vont aux USA donc plus d’échanges culturelles. Picabia, ? et Duchamp se regroupent à NY. C’est d’ailleurs à cette date que Duchamp montre sa fontaine > c’est un geste dadaïste, de négation; il présente aux artistes indépendants (se souvenir de la création des indépendants) de NY son urinoir. Aussi le geste iconoclaste LHOOQ en 1920

À partir des 20’ une dissension au sein du groupe s’installe (en plus des deux chemins qui existent depuis l’origine). Premier foire internationale Dada, 5 juin 1920 à Berlin. 1923 considéré comme la vraie fin du mouvement

Résurgence du dadaïsme dans les 60’ avec Fluxus. Se forme de la même façon que les avant-gardes historiques, par un manifeste. Art anti-individualiste, politique Philip Corner, Piano Activities, geste iconoclaste, performance, piano=signe bourgeois . « Fluxus c’est la vie » > l’art comme mode de vie —> donc plus proche de la version Zurichoise d’Hugo Ball du dadaïsme.

Surréalisme

Les surréalistes (France et Belgique) s’engagent au parti communiste, certains glissent vers le trotskisme et l’anarchisme.

• Volonté de lier l’art et la vie; d’être politique

• Volonté de faire table rase pour un avenir nouveau > pas absolument nécéssaire (pas chez les surréalistes par exemple qui veulent garder une lien avec la tradition)

• Pas un médium en particulier (collage, photo, peinture, poésie, performance) —> l’avant-garde décloisonne les disciplines, croiser les médiums pour faire passer l’idéologie. Multimédialité et transmédialité. Navigation et expérimentation Amène l’idée du groupe, du collectif avec un langage propre. Rompt avec la tradition de l’art solitaire (=romantisme). Même si le propre de l’art moderne est un art qui repose sur l’individu souverain

Ce courant s’enracine dans bcp de choses issues du 18e, notamment le symbolisme. Courant qui nait des cendres de Dada. Breton fédère les premiers initiateurs autour du Manifeste qu’il écrit en 1924, Poisson Soluble (au départ préface d’un texte qu’il écrit). On y trouve tous les aspects du surréalisme: exclure les mécanismes psychiques de la vie quotidienne afin de laisser parler l’inconscient, enlever les couches afin d’arriver au moi ultime, projeter les fantasmes qui s’y trouvent de façon picturale ou littéraire.

Se tourne vers le partit communiste français > engagement social (condamne l’exploitation coloniale, le nazisme, le totalitarisme de l’union soviétique) Groupe structuré ET renforcé par Breton. En 1930, il re-publie un manifeste afin de revenir sur les fondement du surréalisme, de faire une critique de ceux qui ne rentre pas dans la ligne de pensée qu’il donne au surréalisme, et de faire un nouvel appel à l’engagement social tout en faisant une mise en garde contre l’endoctrinement politique (avait été jeté du PCF).

1938, Exposition internationale du Surréalisme à Paris, Sacs de charbon de Marcel Duchamp, environnement immersif, l’oeuvre est l’espace dans lequel on pénètre. Oeuvre d’art totale, mise ne relation des pratiques artistiques.

Pour plus d’infos sur le surréalisme :

Sémio B1Q2 : Mouvement surréaliste

Sémio B1Q2 : Objets et oeuvres surréalistes

Cubisme

manifeste qui n’en porte pas vraiment le nom: Albet Gleizes et Jean Metzinger Du cubisme publié en 1912 —> déjà dans un stade avancé du cubisme (env. 1904), textepublié pas comme une intention mais pour préciser la démarche cubiste qui n’est pas comprise du public.

Cubisme précède dada

Courant strictement plastique, pas engagé sur le plan politique

Nom vient du terme utilisé par des critiques d’art pour décrire les oeuvres de Cézanne et Braque —> c’est pour ça qu’il n’y a pas vraiment de début au courant

2 influences fondamentales:

  • Cézanne propose utilisation de formes rudimentaires pour peindre la réalité —> approche cézanienne du cubisme
  • « art nègre » « primitif »: Picasso constate une économie de moyens dans des statuettes, approche stylisée et schématique des formes qui dégage une expressivité nouvelle et plus puissante

Cubisme fait scandale au salon des indépendants en 1911, pas compris ni du public ni des critiques —> d’où le manifeste en 1912, pour expliquer, c’est un manuel

Nouvelle appréhension de l’espace: perspective déstructurée, notamment à cause des nouvelles sciences physiques; la perspective de la renaissance se passe dans un espace euclidien —> au début du 19e on se rend compte que cet espace parfaitement plat n’existe pas, que l’espace réel et physique est plus compliqué que ça; apparaissent alors les géométries non-euclidiennes, donc une nouvelle perception de l’espace (l’art et la science évolue souvent côte à côte). Donner à voir un objet comme s’il était vu simultanément de différents points de vue —> perspective mobile.

Couleurs ternes: gris, bruns, bleus. Mais la couleur est importante

La figuration est un prétexte à abstraire le réel

Évolution du cubisme vers l’Orphisme. Terme que l’on doit à Apolinaire (poète et critique d’art), Orphée= pure et lumineuse.

Plusieurs phases du cubisme : cézanienne > cubisme synthétique > orphisme Sonia et Robert Delaunay

Le rendu est abstrait mais il y a une volonté de représenter un objet et une vue, en mettant en avant la lumière de l’objet.

Purisme

Le purisme = critique du cubisme

porté par Ozenfant et Jeanneret (le Corbusier)

Manifeste Après le Cubisme publié en 1918

Retour à l’ordre= volonté pour certains, après les excès des avant-gardes, de revenir à une vision plus classique et académique. Le Corbusier s’inscrit dans cette volonté On sent la continuité du cubisme mais aplat de couleurs simple plutôt que dé- construction de l’espace. Pour lui la proportion dorée est quelque chose à maitriser.

Kandinsky

Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier, Wassily Kandinsky en 1911 Traité théorique, pas un manifeste. Il veut ouvrir la peinture vers l’abstraction, mais fera d’abord parti de l’expressionnisme allemand, qu’on peut diviser en deux parties dont un qui apparait en 1912: Blaue Reiter initié par Kandinsky. Reste dans la figuration, s’inspire des couleurs du fauvisme (couleurs vives, acérées, acidulées). But est de dépasser la matérialité de la peinture, il faut partir de la réalité sensible mais en partant dans la spiritualité. Il s’émancipe du prétexte de la figuration pour laisser paraitre le dessin et la couleur, leur donner une autonomie. L’abstraction n’est pas gratuite, il y a du spirituel derrière ces formes, le but est de transmettre une émotion, l’artiste doit se donner les moyens théoriques et pratique de transmettre ses émotions à travers la couleur sur une toile qui va être regardé par un spectateur qui devra ressentir ces émotions.

Perçoit la société comme un triangle: au dessus les personnes les plus sensibles, ceux qui perçoivent par delà la sensibilité du monde (les artistes d’avant-gardes), en bas ceux qui restent coincés dans le matérialisme sensible.

Les moyens qu’ils se donnent sont les formes géométriques élémentaires et les couleurs fondamentales. Il élabore une théorie de la correspondance des formes et des couleurs, ainsi que sur ce que les couleurs provoque comme émotion en nous —> dimension physique et psychologique

Mondrian

Même moment que cubisme analytique et Kandinsky

Mondrian initie aussi la peinture à l’abstraction, il passe d’abord par des approches plus basiques de la peinture, peint beaucoup de bosquet et d’arbres dans une veine romantique, influencé par le symbolisme. Lancé par quête spirituel; intéressé par la théosophie, selon la théosophie le monde est réagit par une structure immanente — > pour lui l’art doit nous mener à cette structure. Ses arbres sont de plus en plus abstraits jusqu’à l’abstraction totale. Il nous à voir donne des portions de structure: les aplats relayés aux cotés montrent que c’est un espace infini.

Il s’allie à Théo Van Doesburg, créateur de De Stijl

Ils travaillent sur la notion de néoplasticisme, qui fait l’objet d’un manifeste en 1918. Doit avoir des applications sur l’architecture aussi, enchevêtrements de plans verticaux et horizontaux qui créent des volumes; cette réduction aux formes élémentaires et aux couleurs pures doit servir au mieux l’amélioration de l’individu, cela doit construire un monde meilleur > utopie globale

Malévitch

Kazimir Malévitch, artiste russe

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Deux plans suprématistes en rapport orthogonal, dit Croix noire, Kazimir Malévitch, 1915

Opère ce passage dans les mêmes années (env. 14-15) : parcours classique, passe par plusieurs stades de figuration, puis s’inspire des tendances de son époque: futurisme et cubisme= cubo-futurisme

Victoire sur le soleil, 1913 Opéra pour lequel il réalise des costumes cubo-futuriste. À cette occasion il devait représenter une icône: il va faire un carré noir sur fond blanc. Cette oeuvre essentielle est donc une image sacrée. Moment clef, de rupture, qui lui permet de s’engager dans le suprématisme. (= du latin, au dessus de tout)

L’histoire de la peinture doit revenir aux formes essentielles: cercle, carré, croix Tout ceci exposé dans la dernière exposition futuriste 0.10 en 1915

Il fera l’objet d’un manifeste, rejoint par Litzinsky (?)

Carré blanc sur fond blanc, Kazimir Malévitch, 1918

Aboutit au Carré blanc sur fond blanc en 1918, c’est un jusqu’au bout-isme, comme une fin de la peinture. D’ailleurs en 1930 il repartira dans du classicisme, comme s’il ne pouvait pas aller plus loin.

Question #4

Que recouvre le terme « modernisme » dans la théorie de l’art ? Développez sur
base des notions suivantes: formalisme, l’art pour l’art (autotélique), téléologie,
autonomie, auto-référentialité.

La Modernité

La fin de siècle

éloge du nouveau> définition de Baudelaire

Esprit fin de siècle= séries de mouvements, notamment les décadents, un espèce de malaise, de mélancolie, fin de siècle trouble (morbide et joie). Moment charnière, avènement de la modernité

deux dernières décennies du 19 = malaise —> esprit fin de siècle, décadantisme (art décadent)

esthétique qui témoigne d’une perte de confiance en le progrès

Cet esprit accompagne l’avènement de la modernité

« La modernité c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre est l’éternel et l’immuable. »

– Baudelaire

Les origines du projet moderne

Projet moderne démarre au 16e siècle, c’est un changement d’esprit, qui se veut différent du moyen-âge (départ=Renaissance). Grace aux progrès technique: imprimerie par exemple > permette avènement d’un nouvel esprit. Apparition de l’industrie et de la société capitaliste, société efficace. Avènement de la raison, on explique plus les choses de l’univers via la croyance > la raison prend le dessus, tout homme est doté de raison donc tout homme peut avoir accès à la connaissance, donc tout le monde est égal> apparition de l’individu (=plus petite portion sociale dans les sciences humaines). On comprend la réalité en découpant tout. L’individu est essentiel à l’art moderne. Individu= subjectivité (invention de la modernité) >> non seulementl’artiste peut exprimer sa subjectivité mais chacun peut avoir une impression de l’oeuvre.

Projet moderne (depuis le 16e) est philosophique, scientifique et socio-politique: améliorer les conditions de vie de l’individu sous tous les aspects: technique, politique (être libres et égaux). Émancipation de l’individu.

La confiance dans le progrès. Dans l’art moderne la notion de progrès ou de nouveau est fondamental, chaque mouvement veut faire quelque chose d’encore plus nouveau que le précédent.

Modernisme > Histoire téléologique (qui tend vers un point ultime) de la peinture, dont le but est d’épurer.

modernisme ≠ art moderne

Ce qu’on a vu c’est de l’art moderne; le modernisme c’est une conception critique, une lecture de l’évolution des arts qui fait de la période 1860-1950 le sommet de l’évolution des arts, moment ou les artistes s’attachent à la spécificité de la peinture pour la réduire à la planéité et la couleur.

Cette lecture est due au critique Clément Greenberg.

Lecture de Clément Greenberg

Selon lui depuis Edouard Manet (qui amène une nouvelle conception de la peinture, notamment en terme de planéité: c’est une surface plane que l’on remplit de tâches de couleurs) jusqu’à l’expressionnisme abstrait (Jackson Pollock, Newman, Rothko) qui est le sommet du modernisme pour lui.

l’art poursuit sa propre fin (donc il en a une) il va vers un but ultime. Le fait d’évoluer vers une fin = un aspect téléologique

Greenberg propose une approche de l’art pour l’art. Il vaut pour lui même indépendamment du reste ≠ des avant-gardes

Il évolue vers une fin en développement une spécificité, en se concentrant sur ses spécificités. Ex: ce qui est spécifique à la peinture est la planéité

Le modernisme est donc cette évolution qui consiste en une réduction esthétique à la spécificité du médium: il faut aller au bout des conditions d’existences d’un médium. Pousser à son extreme la spécificité liée à un médium.

La perspective moderniste est à la fois téléologique et en même temps une esthétique radicale (=revenir à la racine).

L’art défendu par Greenberg est un art qui se coupe de toute représentation, c’est un dispositif qui cherche à s’analyser lui même, à s’épurer.

Sur une ligne de temps, on peut considérer qu’il y a un point de départ, un point de rupture, que l’on peut situer vers les années 1860; cette ligne de temps se prolonge jusque dans les années 60-70 (fin du modernisme, début art contemporain).

Puisqu’on pousse la spécificité > compartimentation autoritaires des disciplines artistiques ≠ dadaïstes mélange les arts; les avant-gardes font ressurgir l’idée d’art total de Wagner. Greenberg coupe court à tout cela avec son modernisme > vision puriste et totalitaire (pensée qui se développe pendant WW2); il critiquera beaucoup les industries culturelles qu’il considère comme des objets de propagande.

Rupture 1860 : notamment Manet qui met l’accent sur la planéité; la toile est avant tout une surface selon lui, il fait des sortes d’aplats de couleur derrière les personnages qui annilhie la mise en espace, tout est ramené à la surface de la toile — > c’est un démarrage selon Greenberg (att: c un pdv, on peut considérer que le point de départ est plus tôt, sa lecture critique est ancrée dans son temps)

L’impressionnisme est le grand moment où la peinture bascule, le peintre met l’accent sur la matérialité de la peinture.

Le projet moderniste culmine dans l’expressionnisme abstrait > Greenberg aura été un de ses grands défenseurs. Ce terme apparait en 54? par un critique. Porté par Action painting (Jackson Pollock)

Colorfield painting > aplat, champ, émanation de couleur (Mark Rothko, Barnett Newman)

Un médium ne doit pas être contaminé par un autre, le but de chaque médium est de s’auto-définir et s’auto-critiquer. Enlever tout ce qui n’est pas essentiel au médium. Vise la purgation et le nettoyage des médiums. Cette perspective formaliste renoue avec la notion de l’art pour l’art (une posture esthétique, un parti-pris) qui s’enracine dans la première partie du 19e, notamment chez Théophile Gautier : selon lui l’art est dépourvu de toute fonction, autre que d’accéder à sa propre beauté, c’est donc un domaine autotélique (= qui s’accomplit par soi-même). Gautier théorise cela à partir de 1834 dans une préface « Non pas la forme pour la forme mais la forme pour le beau. »: un médium doit viser sa beauté propre.

Introduction de Avant-Garde et Kitsch, un des grands ouvrages de Greenberg

Distinction entre l’avant-garde et le kitsch > le kitsch nous ferait vivre des expériences par procuration, a pour risque de nous aliéner. Il considère que la culture populaire véhicule une propagande, le kitsch est académique il n’engage donc à aucun effort de réflexion, formes sans fond. L’avant-garde est réfléchit, a un discours critique, ce n’est pas une imitation mais une imitation de l’imitation (il produit un discours sui lui-même, méta-discours). Au 20e, une bonne partie de l’art est auto- référentiel > donc rupture entre art moderne et le grand public (il faut connait l’histoire de l’art pour comprendre comment on en est arrivé là). ((Les oeuvres ne sont que des définitions de ce que doit être l’art)). Greenberg fait un lien entre cette culture kitsch et les systèmes totalitaire, c’est un outil de propagande qui aliène. Il existe donc des résistances culturelles et indépendantes ; le rock au départ par exemple qui prône l’autogestion et renie l’industrie culturelle. Cette perspective critique peut être revue car cette industrie donne parfois aujourd’hui des oeuvres acclamé et par la critique et par le grand public.

Kulturindustrie, d’Adorno

Theodor Adorno et Walter Benjamin

En Allemagne, des philosophes font le même constat: selon Benjamin les oeuvres d’art perdent leurs auras (l’ici et maintenant de l’oeuvre), c’est le propre de la reproductibilité. Adorno a une approche plus nuancée des industries culturelles (le cinéma, la musique..), il leur reproche leur finalité marchande mais aussi le fait d‘imposer des loisirs standardisés ce qui entraine des modes de vie uniformisés. Ces industries ont les même logiques dans les régimes totalitaires que démocratiques, logique uniforme à nos sociétés contemporaines, càd une production croissante des biens. Cette culture de masses (masses sont les victimes) entraine une passivité des spectateurs-consommateurs, c’est une culture stéréotypée, dans le cinéma par exemple ce sont des lieux-communs, des clichés réemployés; l’imaginaire est appauvrie. Le divertissement n’est que de la distraction. Dans cette culture de marché, seul les artistes les plus rentables et consensuels ont une place. L’amusement est la prolongation du travail, on souffre de l’aliénation du travail donc on se divertit pour le lendemain être plus apte à travailler, cela ne demande aucun effort intellectuel, c’est un abrutissement qui rejoint la routine quotidienne déjà peu intéressante. Cela soumet l’individu à un ordre social régit par cette culture.

La tâche de l’art est de cultiver son autonomie (synonyme de l’art pour l’art, perspective autotélique, téléologique): l’oeuvre d’art est double elle est à la fois enracinée dans le monde des hommes sensibles, socialement déterminée et en même temps elle invente sa réalité propre, elle ouvre à un autre monde, imaginaire, autonome, au delà du monde sensible des humains. C’est dans cette autonomie que l’art doit nous permettre d’exercer un esprit critique, qu’il doit faire oeuvre de résistance par rapport à l’aliénation et la bêtise humaine. Elle implique donc un médiateur/guide, l’oeuvre ne se livre pas de façon immédiate. Le modernisme en sculpture consiste aussi à s’épurer de ce qui lui est impropre pour se concentrer sur la tri-dimensionnalité. Greenberg s’intéresse notamment à la sculpture de David Smith: abstraction sculpturale, beaucoup de soudure, inox; rentre aussi dans l’expressionnisme abstrait. Anthony Caro dans les années 60, sculptures ouvertes qui n’ont pas de sens (de haut, de devant..) qui invitent à déambuler.

Récapitulatif

Mondrian rejoint De Stijl, considère que le modernisme doit enrichir le monde architectural. Archi moderniste repose sur fonctionnalisme et rationalisme. Greenberg met en garde contre le kitsch qui est un art aliéné; introduit des formes standardisées et rend la vie homogène. Adorno dit que l’oeuvre ouvre à un monde qui lui est propre, l’art a une autonomie, elle renvoie à une signification qui peut être autonome de notre monde sensible > ainsi elle a une puissance de critique, notamment face à l’aliénation de notre vie, l’autonomie= le pouvoir de l’oeuvre

Hudson River Landscape, David Smith, 1951

spécificité de la sculpture= la 3D

  • fait partie de l’expressionnisme abstrait sculptural
  • mais bon l’oeuvre renvoie au dessin, est presque en 2D > bof moderniste
  • meilleur exemple: Anthony Caro, Early one morning (1962)
  • en sculpture, une ouverture= il n’y a rien qui indique un sens de regard pour la sculpture (histoire de la sculpture: toujours plus d’ouverture)

Vocabulaire du modernisme

  • autonomie de l’oeuvre= Greenberg: pas d’utilité directe dans le monde; Adorno: permet/renvoie à une critique
  • l’art pour l’art= s’enracine dans le 19e avec Théophile Gautier qui pense que la poésie ne doit pas exprimer des émotions comme dans le romantisme, sa seule finalité est la beauté (du mot et de l’agencement) le poète doit accéder à cette beauté pure. Mouvement parnassien, poésie ciselée, purisme poétique
  • autotélique= qui s’accomplit par lui même
  • auto-référencialité/auto-réflexivité/auto-critique= l’art contemporain est une suite de réflexion sur lui-même, un art qui est un discours sur lui-même, méta- discours

Modernisme à travers l’architecture

spécificité/pureté de l’architecture

De Stijl: entrecroisements de plans

Oscar Niemeyer, Congrès national du Brésil (58-60)

ornementation est mise de coté car n’a aucune fonction, ce n’est pas la spécificité de l’architecture —> fonctionnalisme

rationalisme en architecture= rationaliser l’usage des matériaux, ils correspondent à leur fonction. Au 19e, nouveaux matériaux: béton, verre et metal. Acier= premiers buildings aux USA. Béton= facilité d’usage pour l’ossature mais aussi le coté visuel Modernisme= retour aux formes essentiels

Chez Le Corbusier: pilotis, toit terrasse, proportions du Modulor—> aspects moderniste qui répondent à la question de fonctionnalisme

Bauhaus: Typographe à la tête de l’atelier d’imprimerie, Bayer invente la police de caractère Universal, totalement moderniste, épure maximale, police construite et pas dessinée à partir de cercles et de bâtons.

Approche sonore du modernisme

En musique: spatialisation du son avec acousmoniums (orchestre de haut-parleurs) qui apparaissent dans les années 50, servent à diffuser de la musique électro- acoustique. Musique concrète, Pierre Schaeffer, utilise des sons. Musique acousmatique: le publique ne voit pas ce qui a produit les sons, il se concentre sur le son, sur la scène un dude s’occupe de la spécialisation des sons pré-enregistrés (John Cage peut être considéré comme moderniste en musique)

Question #5

Le socle est une élément qui fait l’objet d’une mise en question moderniste. Expliquez.

Question du socle en sculpture

Sa fonction première est de séparer la sculpture de son espace; stabilité de l’oeuvre; isoler l’objet des autres objets du monde, ça en fait une oeuvre. Se sont maintenus de l’antiquité jusque 19e siècle.

Questionner le socle est très moderniste car questionne l’essence de la sculpture.

Rodin

Rodin, La pensée (1896)

le non-finito= oeuvre qui semble ne pas être achevée, Michel-Ange en est fan, comme si les sculptures étaient encore emprisonnés dans leur bloc, il arrêtait en cours aussi psk si le bloc était imparfait il arrêtait la sculpture.

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Rodin, La Danaïde, 1890

Rodin, La Danaide, 1890 : peu de distinction entre la pierre non taillée/le socle et la peau de la femme

Les Bourgeois de calais, Rodin (1895)

Les Bourgeois de calais, Rodin (1895): socle relativement bas, sculpture de bronze donc pas unique, une série de douze. Appelle à projet pour commémorer 6 bourgeois sacrifiés lors de la guerre de cent ans, volonté d’un objet qui glorifie, style monument aux morts (format souvent pyramidal pour heroïsation des personnages). Rodin propose une sculpture plutôt cubique où les personnages sont montrés un peu pathétiquement. Il propose deux solutions pour sa sculpture: soit posée au sol, soit sur un socle de 5m de haut; au final différents types de socle selon les exemplaires.

Même s’il n’y a pas de socles, il y a une base de bronze qui pourrait déjà être un socle. Démarrage d’une réflexion sur le socle, perspective déjà un peu auto-réflexive, perspective moderniste.

Brancusi, élève de Rodin

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Le Coq, Constantin Brancusi, 1935

Moderniste dans la mesure où il tente une épuration des formes. Il crée ses socle lui même, il considère que le socle doit faire partie de la sculpture sinon rien, impossibilité de dissocier les deux quelles que soit sa dimension, le socle a des qualités esthétique qui prolonge la sculpture.

Le Coq (1935): deux socles

La Colonne sans fin III, Constantin Brancusi, avant 1928

Colonnes sans fin: on peut considérer que ce sont une infinité de socles superposés

Alberto Giacometti

Table (la table surréaliste), Alberto Giacometti, 1933

socle comme oeuvre

Table (la table surréaliste), 1933: la table est le socle mais elle fait partie de l’oeuvre, elle est même le nom de l’oeuvre donc elle est partie intégrante

Petit buste sur double socle, Alberto Giacometti, 1943-1944

Petit buste sur double socle, 43-44: le socle prédomine en taille sur la sculpture

Petit buste sur colonne, 50

Carl André (plus tardif, années 60)

Uncarved Blocks, Carl André, 1975

Travaille sur des modules simplifiés et géométriques avec matériaux brutes. Influencé par Brancusi et par le néolithique (Karnac, Stonehenge..) dans la répétition modulaire. L’expérience que fait le spectateur de ces sites est une expérience esthétique similaire à celle dans un musée.

Tin Square, Carl André, 1975

Travaille la sculpture dans sa planéité. Il les dispose à même le sol comme un dallage: 144 Tin Square (1975) : il invite le spectateur à marcher dessus, inédit dans l’histoire de l’art, « La sculpture comme lieu ». Elle intègre un lieu mais devient aussi un lieu en soi. De manière générale le minimalisme est une expérience de l’espace, qui invite au déplacement.

Didier Vermeiren

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Il a depuis les années 70 a consacré son travail à la question du socle. Il présente/expose des moules de socle comme oeuvre. Ensemble de socles de matériaux différents, parfois des socles sur des socles. Questionne aussi l’absence car il reproduit des socles d’oeuvres connues, il fait référence à des socles de l’histoire de l’art donc auto-réferentialité, pour le grand public, c’est incompréhensible; coupé du monde. Prive le socle de sa fonction pour en garder que sa forme (ex: socle en matériaux qui ne pourrait soutenir la sculpture)

Yuji Takeoka

Il s’interroge sur les dispositifs de démonstration de l’art: le socle et la vitrine. Ici on peut apprécier l’installation sans l’histoire, sous son aspect uniquement formel.

Question #6

« L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art » : tracez l’évolution de cette tendance aufil du XXe siècle, expliquez au travers d’exemples de votre choix…

Premières avant-gardes

Futurisme

apparait déjà un peu chez les futuristes: Apparaissent aussi les premièresperformances, consistant à incarner le mode de vie futuriste (dadaïste, surréaliste..)

—> l’art comme style de vie, l’idéologie va au delà de la pratique plastique, appliquerles préceptes à la vie de tous les jours (philosophie).

Dada

DADA: Certains veulent créer une galerie et une revue, d’autres sont réticents,notamment Hugo Ball qui refuse de faire de Dada un courant/système artistique, ilveut que ce soit une philosophie un mode de vie.

Autre pan de l’art au XXe siècle, qui ne s’intéresse pas à la forme (auto-référentiel) mais plutôt au politique (≠la politique), un art plus engagé.But de Dada: éveiller les consciences, désaliénation. À partir de 1916, Dada a uneutilité pratique et politique; avant-garde qui se veut en prise avec le monde, il nes’agit pas de l’art pour l’art mais de servir le monde.

Robert Rauschenberg et le Black Mountain College

Poser la question du modernisme avec Robert Rauschenberg, White Paintings.Proche de Dada, de John Cage. On peut penser qu’il pousse plus loin le carré blanc surfond blanc de Malevitch; ici monochromie totale. On peut penser qu’on ne peut allerplus loin dans l’histoire de l’art. l’oeuvre de Rauschenberg est elle moderniste ? Ouicar aboutissement de la peinture dans l’épuration totale. On peut voir une autrelecture, John Cage considère que ce sont des aéroports pour la poussière, qui saitregarder pourra toujours y voir quelque chose; l’oeuvre renvoie donc à son extérieur

—> lien avec 4min33 de John Cage, oeuvre silencieuse, il y a une partition mais lemusicien ne joue pas, il y a quelque chose à entendre pour ceux qui savent écouter.Cela rapproche l’art et la vie; le dispositif artistique est une manière d’expérimenterl’espace; c’est une autre lecture au modernisme: réconciliation de l’art et la vie.


Fluxus

Fluxus: musiqueperformante, avec les notions de hasard/d’aléas et d’intégration du publique. Néo-avant-garde donc publie un manifeste (néo-dada: négation de la tradition); vise unart anti-individualiste, la figure de l’auteur ne compte pas, tout le monde peut être unartiste, l’art est une arme qui permet de transformer la société; un art vivant del’expérience et de la performance puis de la participation. Tente de s’exiler des lieuxd’arts, donc d’être dans la rue pour être l’art de la vie . Les situations musicales qu’ilsproposent sont bruitantistes et symboliques. Philip Corner, Piano Activities (1962);une partition qui propose de détruire symboliquement une certaine forme de musique(destruction d’un piano), choque le bourgeois. Actions simples et brèves, parexemple: George Madunas, Drip Music: verse de l’eau d’une carafe dans une autre,geste anti-virtuose.

Fluxus c’est la vie, Ben

Robert Filhiou dira « L’art c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art »Au fur et à mesure, les performances de Fluxus sont de plus en plus sociales et moinsen moins musicales. Joseph Beuys, partiellement rattaché à Fluxus; l’art est unearme de régénération sociale.


Art : affirmation de la vie

Tendance à lier art et vie s’oppose à la tendance du formalisme.? L’art est uneaffirmation de la vie selon Nietzsche.

Brecht

petites cartes invitant à faire /ne pas faire des choses du quotidien « si letéléphone sonne: »: plusieurs propositions; sorte de petites partitions

Beuys

(ancien aviateur, accident pendant la guerre> un avant et un après)

S’attache aux matériaux et à leur symbolique; il les manipule et les utilise pour desperformances. Il a une mission messianique qui vise à guider la société vers une sortede régénération

Marqué par l’antroposophie (sagesse de l’humain)= sorte d’éthique individuelle,chacun.e doit agir pour le meilleur de l’humanité; être sensible aux environnementsdans lesquels ont vit=écologie; écologies mentale et sociale. Pour lui l‘art doit être anthroposophique.

Tout le monde doit avoir accès à l’art et à son apprentissage —> rejoint la causeétudiante en tant que prof à l’aca de Dusseldorf, bcp d’étudiants été refusé,incompréhensible à ces yeux, il occupera l’aca., sera expulsé par la police et dira« que c’est amusant la démocratie ».

Il plante 7000 Chênes

Défenseur des minorités, posture féministe et écologique; porteur du message(narcissique, mythologie individuelle autour de sa propre personne)


Internationale situationiste (~1950-60)

Généralités

Groupe d’artistes et jeunes engagés d’ultra gauche, considèrent que dans notresociété capitaliste, tout est régit par des rapports marchands (y compris les relationssociales); leur projet et de lutter contre cette assouvissement à la marchandise et auspectacle, combattre la société spectaculaire marchande

Plusieurs groupuscules très engagés se fusionnent, publient une revue, presque comme un parti, pour une lutte marxiste

L’art a une position privilégié dans cette lutte

allument la mèche d’évènements, dont mai 68

l’art risque d’être une marchandise

la société capitaliste nous prive d’expérimenter la vie

Il faut substituer à l’objet d’art, une situation car l’objet d’art peut prendre de lavaleur, tandis qu’une situation, un moment vécu n’est pas marchandage et permet devivre la vie

Guy Debord

Guy Debord considère que l’international situationniste doit dépasser l’art et leréaliser; les avant-gardes n’ont pas été assez loin: « le dadaisme a voulu supprimerl’art sans le réaliser; et le surréalisme a voulu réaliser l’art sans le supprimer. Laposition critique élaborée depuis par les situationnistes ???

Dérive situationniste

mise en place de dispositifs et méthodes pour pratiquer la vie: la dérive situationniste (se laisser aller) par exemple: se ré-approprier l’espace urbain, la villedoit nous procurer des expériences; le pb de la ville c’est qu’on fait toujours les mêmes trajets au quotidien, faisons tout pour nous laisser surprendre alors, laissons nous dériver en prenant des parcours que nous ne prendrions pas d’habitudes —> la psycho-géographie (se déplacer selon les aléas du parcours). Les villes doivent donc être pensées de cette manière là. Ils influent donc sur la réflexion urbanistique à cettepériode, ville plus ludique. La dérive est très souvent alcoolisée.

GRAV

GRAV Groupe de Recherches Visuelles > art cinétique et optique; a joué son rôledans le questionnement de la place du spectateur: dispositifs où le public doit bouger

Le GRAV propose des dispositifs dans la ville de Paris où le public doit participera joué son rôle mais pas le plus importants

Mass Moving

collectif d’artistes qui ont proposé des actions en Belgique surtoutpour mobiliser les consciences, débats démocratiques. Ils étain animés par cette utopie de transformer le monde par l’art

Sound Stream, 1975: (dernière oeuvre du collectif); oeuvre qui s’étend du Cameroun jusqu’en Norvège: bambou planté sur un axe qui relie les deux pays, troués auxnoeuds, avec le vent des sortes de flutes-éoliennesen 75, feu de désenchantements, ils brulent tout ce qu’ils ont fait.


Crise de la fin de la modernité

Cela cristallise cequ’il se passe à la charnière en 70: passage de la modernité à ce quo’n appelle la post-modernité; cad: modernité/projet moderne s’enracine dans le siècle des lumières, faire en sorte que la société permette à l’individu de s’épanouir, fantasme du progrès, il faut aller de l’avant, foi en la technique et en la raison qui vont remédier en tous les maux, projet optimiste, la notion d’individu est concomitante avec le projetmoderne (avant on parle de société) ≠ au 20e on se rend compte qu’à force de toutdélier (découverte de l’atome, ce qui est indissécable, le plus petit, l’individu) on y a perdu (atome: bombe atomique et gros traumatisme, hyper-individualisme), le progrès et le progrès moderne ont mené au pire.

Dans les années 60 c’est ce malaise qui se manifeste, crise de la fin de la modernité, qui explique mai 68, l’engagements de ces artistes; les choses ne changent pas suffisamment + choc pétrolier dans le début des 70’ —> fin de l’utopie, désenchantement, une sorte de césure conceptuelleentre le projet moderne et la post-modernité (fin les grands récits et grandesidéologies). Au niveaux des idéaux politiques on passe des choses binaires et polarisées à un éparpillement, une multitude de groupuscules mélangés.


Le Carnaval : jeu et transgression

Musica Electronica Viva/MEV

fondé à Rome dans les 60 ou 70?

musiciens issus du Jazz multiplient les performances musicales où ils demandent à des membres du public de

venir jouer, car il ne faut pas savoir jouer pour exprimer une créativité musicaleexpérimente et construisent des instruments

bruitistes aussi un peu

oeuvre collective, tout le monde peut être artiste

ils ont eu l’impression de redécouvrir la musique, la pulsion qui mène les humains àfaire de la musique >>> plus tard ils diront qu’il sont été naïfs de penser cela, depenser que ça aller changer

favorise l’esprit de carnaval, désordre social accepté, tout le monde participe,personne n’est là pour regarder

Harman Nitsch

À la même période Hermann Nitsch, joue aussi sur ce coté carnavalesque où toutle monde peut libérer ses passions, retrouver cet archaïsme du rite social. Fait partie des actionnistes viennois= performeurs utilisant le corps comme médium(scarification et autre), art pour condamner des aspects politiques qui régissent nos vies.

À partir de 1971, il commence à organiser ce qu’il appelle Théâtre des orgies et mystères. Mystère de l’antiquité grec= initiation. Performance, action où il n’y a pasdes spectateurs mais des participants, actions cathartiques, moment public quipermette de se libérer des ses pulsions. Souvent des crucifixions et des corps dans carcasses animales. Coté un peu glauque. Dans son chanteau, des centaines de participants. Litres de sang déversés. Musiques, banquets, presse du vin. Festivité proche socialement du carnaval, entre ordre et désordre. Expérience synésthesique,tous les sens sont éveillés, affirmation pleine de la vie, oeuvre d’art totale

Donald Winicott : le jeu

Donald Winnicott, psychanalyste nous dit à quel point le jeu est fondamental pourl’être humain, c’est une « aire intermédiaire d’expérience » que l’enfant va s’autoriser/se dessiner très tôt, cela va être son premier espace de communication (il n’a pasencore le langage), moment où il considère que tout est propice à la communication.Il considère que l’art c’est la même chose, on peut justifier dans l’art ce qu’on ne peut pas ailleurs. C’est la même chose pour la religion, un endroit où l’on peut inventer des choses. Ce sont des extensions du jeu, adultes on a besoin d’espaces où l’on peut imaginer et communiquer sans qu’on nous prennent pour des fous.

Art est un espace où le spectateur est libre, il peut se libérer des contraintes etnormes sociales; le carnaval aussi cet espace de liberté où l’on peut exprimer despassions enfouies


Cercle d’Art Progressif (CAP) et art relationnel

Généralités

groupe d’artistes belges (70’) CAP= cercle d’art prospectif

Jacques Lennep, tête pensante, artiste et historien de l’art

Ont beaucoup travaillé autour du livre d’artiste

apporte le terme d’art relationnel pour la première fois dans l’histoire de l’art

Art relationnel

terme relation= pas relation inter-humaine, mais plutôt dans le sens structuraliste —>penser que toutes les choses dans la réalité sont en relation, la réalité est unestructure d’éléments et ce qui compte ce sont les relations entre ces éléments. Toutobjet d’art est une relation entre les éléments, un ensemble de relations.

Au fur et à mesure la relation sociale prend de plus en plus de place —> l’art relationnel devient centré sur l’humain et le relationnel

Musée de l’homme

Musée de l’homme de Jacques Lennep: volonté d’exposer l’homme ordinaire; bcp degens qu’il connait ont des obsessions et des hobbies qui ont une dimension créative sans qu’ils se considèrent comme des artistes.

Ex: le mec qui est passionné desorchidées; collectionneur compulsif obsessionnel; le fan de foot; modele de photo decharme

—> tout le monde est potentiellement artiste, même idée que Fluxus et Beuys

Au même moment Fred Forest veut à tout pris revendiquer l’utilisation des nouveauxmédias dans l’art

Collectif d’art sociologique

il a mis en place un collectif d’art sociologique en même tant que le CAP; eux aussi utilisent le terme de relationnel pour l’art —> querelle

promenade sociologique: marche et s’arrête dans la ville pour regarder qqn travailler Madame Soleil au Musée Galliera en 75 Dans les 80 il met en place l’esthétique de la communication: art est affaire de communication

Achète espace blanc dans Le Monde pour laisser le lecteur le remplir et lui renvoyer


Projets artistiques récent mélant Art et Vie

Nicolas Bourriaud (~1990)

critique d’art français

suggère que de plus en plus d’artistes travaille le relationnel, un rapport de proximitéentre leur oeuvre et le public, éviter le malaise de l’art contemporain qui a crée unfossé avec son public. Rapprocher l’art contemporain du grand public.

Rikrit Tiravanija

propose dans les centres d’art des dispositif qui invite à la halte et la participation. Ex: studio avec des instruments de musique ou dispositif pour faire dela soupe à partager

Maurizio Cattelan

Maurizio Cattelan, Stadium: babyfoot démesuré

Philip Pareno

1995, Snow Dancing

histoire d’un lieu investit par des individus le temps d’une fête; ils font société donc; le lendemain ne reste que des traces. Il a ensuite fait une performance avec des cations suggérées, esthétique de la fête,dispositif relationnel, happening

succès et en même temps ouvrage très critiqué; notamment parce que ce sontdes dispositifs à mettre dans le milieu de l’art, comme des vernissages, c’est limité çan’a pas tellement d’impact, consensuel, pour un public qui est déjà avertit.

Institutionnalisation d’un art qui existait déjà dans les années 70.

Cyprien Gaillard

Cyprien Gaillard, The recovery of discovery (2011) > aurait pu être mentionnépar Bourriaud. Pyramide de pack de bière, le soir du vernissage le public est invité àmonter pour les boires, à la fin ne laisse que les vestiges, esthétique de la trace. Uneautre grille de lecture: il fait référence à l’Hotel de Pergam, monument turc quel’Allemagne a fouillé et pris pour le ramener en Allemagne, référence au colonialismeculturel, réflexion sur le malheureux patrimoine dénaturé par les campagnesarchéologiques du 19e (bières turcs)

Thomas Hirschhornn, Musée précaire Albinet (2004)

construire un projet avec les habitants du quartier, dans un quartier où le culturelmanque, volonté de les confronter au monde de l’art

musée où on y expose notamment des oeuvres prêtées par le Musée Pompidou —>proximité concrète avec le monde de l’art

Santiago Sirra

travail sur l’exploitation du travail

met en scene des participants

tatouage là

gros crasseux

Francis Alice (?)

2012 à Lima, il a appelé à participation pour déplacer une montagne

beaucoup travailler sur la cinéplasti> le mouvement

situationniste

celui qui a déplacé un bloc de glace à Mexico

Chapitre 4 : Modernité et Spécularité

Partie 1 : Manet / Un bar aux Folies Bergères

Un bar aux Folies Bergère Edouard Manet.jpg
Un bar aux Folies Bergères, Manet, début des années 1880

On retrouve chez Manet ce qu’on avait déjà étudié l’année dernière avec l’Olympia : un régime performatif de la peinture. Plus précisément, Manet opère un changement dans la manière d’aborder l’oeuvre picturale en refusant de parachever l’oeuvre, ce qui laissera des critiques dire de lui qu’il est un “admirable ébaucheur”. Sur le déjeuner sur l’herbe, on dira de lui : “une telle oeuvre achevée serait solennelle, tel que Manet nous la livre, elle ne reste qu’intéressante, conditionnelle, non effective” (DesNoyers). En réalité, en modifiant les conditions de production de l’oeuvre, on modifie le regard du spectateur, qui viendra par son oeil apporter la clôture personnelle du tableau. C’est en ça qu’on atteint un état performatif de la peinture : le spectateur doit venir lui-même, par son regard, clore le tableau.

Un parallèle supplémentaire avec l’Olympia est la figure de la femme, protagoniste dans les deux tableaux. Dans les deux tableaux, le spectateur est évoqué par le regard porté de la femme. Mais là où l’Olympia laissait le regard porter en dehors de la peinture, pointé vers le spectateur, le regard de la jeune femme des Folies Bergères est porté sur un client, masculin, qui vient symboliser le spectateur. 

Mais le véritable intérêt d’Un bar aux Folies Bergères réside dans le miroir, placé derrière la jeune femme. Au travers de lui, on voit le public, et pas seulement le public des Folies Bergères, le public qui vient porter son regard sur la peinture elle-même. C’est un régime de dédoublement pictural, où Manet brise subtilement un tabou de la peinture de l’époque en montrant non seulement ce qui est contenu derrière le plan séparant l’oeuvre du spectateur, mais aussi devant. 

On remarquera que le tableau est complètement faux géométriquement, mais ce n’est pas le but de l’oeuvre. En distordant la perspective, Manet s’éloigne des canons artistiques de son époque et laisse passer le regard du spectateur vers le miroir, et donc vers sa propre réflexion métaphorique.