« L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art » : tracez l’évolution de cette tendance aufil du XXe siècle, expliquez au travers d’exemples de votre choix…
Premières avant-gardes
Futurisme
apparait déjà un peu chez les futuristes: Apparaissent aussi les premièresperformances, consistant à incarner le mode de vie futuriste (dadaïste, surréaliste..)
—> l’art comme style de vie, l’idéologie va au delà de la pratique plastique, appliquerles préceptes à la vie de tous les jours (philosophie).
Dada
DADA: Certains veulent créer une galerie et une revue, d’autres sont réticents,notamment Hugo Ball qui refuse de faire de Dada un courant/système artistique, ilveut que ce soit une philosophie un mode de vie.
Autre pan de l’art au XXe siècle, qui ne s’intéresse pas à la forme (auto-référentiel) mais plutôt au politique (≠la politique), un art plus engagé.But de Dada: éveiller les consciences, désaliénation. À partir de 1916, Dada a uneutilité pratique et politique; avant-garde qui se veut en prise avec le monde, il nes’agit pas de l’art pour l’art mais de servir le monde.
Robert Rauschenberg et le Black Mountain College
Poser la question du modernisme avec Robert Rauschenberg, White Paintings.Proche de Dada, de John Cage. On peut penser qu’il pousse plus loin le carré blanc surfond blanc de Malevitch; ici monochromie totale. On peut penser qu’on ne peut allerplus loin dans l’histoire de l’art. l’oeuvre de Rauschenberg est elle moderniste ? Ouicar aboutissement de la peinture dans l’épuration totale. On peut voir une autrelecture, John Cage considère que ce sont des aéroports pour la poussière, qui saitregarder pourra toujours y voir quelque chose; l’oeuvre renvoie donc à son extérieur
—> lien avec 4min33 de John Cage, oeuvre silencieuse, il y a une partition mais lemusicien ne joue pas, il y a quelque chose à entendre pour ceux qui savent écouter.Cela rapproche l’art et la vie; le dispositif artistique est une manière d’expérimenterl’espace; c’est une autre lecture au modernisme: réconciliation de l’art et la vie.
Fluxus
Fluxus: musiqueperformante, avec les notions de hasard/d’aléas et d’intégration du publique. Néo-avant-garde donc publie un manifeste (néo-dada: négation de la tradition); vise unart anti-individualiste, la figure de l’auteur ne compte pas, tout le monde peut être unartiste, l’art est une arme qui permet de transformer la société; un art vivant del’expérience et de la performance puis de la participation. Tente de s’exiler des lieuxd’arts, donc d’être dans la rue pour être l’art de la vie . Les situations musicales qu’ilsproposent sont bruitantistes et symboliques. Philip Corner, Piano Activities (1962);une partition qui propose de détruire symboliquement une certaine forme de musique(destruction d’un piano), choque le bourgeois. Actions simples et brèves, parexemple: George Madunas, Drip Music: verse de l’eau d’une carafe dans une autre,geste anti-virtuose.
Fluxus c’est la vie, Ben
Robert Filhiou dira « L’art c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art »Au fur et à mesure, les performances de Fluxus sont de plus en plus sociales et moinsen moins musicales. Joseph Beuys, partiellement rattaché à Fluxus; l’art est unearme de régénération sociale.
Art : affirmation de la vie
Tendance à lier art et vie s’oppose à la tendance du formalisme.? L’art est uneaffirmation de la vie selon Nietzsche.
Brecht
petites cartes invitant à faire /ne pas faire des choses du quotidien « si letéléphone sonne: »: plusieurs propositions; sorte de petites partitions
Beuys
(ancien aviateur, accident pendant la guerre> un avant et un après)
S’attache aux matériaux et à leur symbolique; il les manipule et les utilise pour desperformances. Il a une mission messianique qui vise à guider la société vers une sortede régénération
Marqué par l’antroposophie (sagesse de l’humain)= sorte d’éthique individuelle,chacun.e doit agir pour le meilleur de l’humanité; être sensible aux environnementsdans lesquels ont vit=écologie; écologies mentale et sociale. Pour lui l‘art doit être anthroposophique.
Tout le monde doit avoir accès à l’art et à son apprentissage —> rejoint la causeétudiante en tant que prof à l’aca de Dusseldorf, bcp d’étudiants été refusé,incompréhensible à ces yeux, il occupera l’aca., sera expulsé par la police et dira« que c’est amusant la démocratie ».
Il plante 7000 Chênes
Défenseur des minorités, posture féministe et écologique; porteur du message(narcissique, mythologie individuelle autour de sa propre personne)
Internationale situationiste (~1950-60)
Généralités
Groupe d’artistes et jeunes engagés d’ultra gauche, considèrent que dans notresociété capitaliste, tout est régit par des rapports marchands (y compris les relationssociales); leur projet et de lutter contre cette assouvissement à la marchandise et auspectacle, combattre la société spectaculaire marchande
Plusieurs groupuscules très engagés se fusionnent, publient une revue, presque comme un parti, pour une lutte marxiste
L’art a une position privilégié dans cette lutte
allument la mèche d’évènements, dont mai 68
l’art risque d’être une marchandise
la société capitaliste nous prive d’expérimenter la vie
Il faut substituer à l’objet d’art, une situation car l’objet d’art peut prendre de lavaleur, tandis qu’une situation, un moment vécu n’est pas marchandage et permet devivre la vie
Guy Debord
Guy Debord considère que l’international situationniste doit dépasser l’art et leréaliser; les avant-gardes n’ont pas été assez loin: « le dadaisme a voulu supprimerl’art sans le réaliser; et le surréalisme a voulu réaliser l’art sans le supprimer. Laposition critique élaborée depuis par les situationnistes ???
Dérive situationniste
mise en place de dispositifs et méthodes pour pratiquer la vie: la dérive situationniste (se laisser aller) par exemple: se ré-approprier l’espace urbain, la villedoit nous procurer des expériences; le pb de la ville c’est qu’on fait toujours les mêmes trajets au quotidien, faisons tout pour nous laisser surprendre alors, laissons nous dériver en prenant des parcours que nous ne prendrions pas d’habitudes —> la psycho-géographie (se déplacer selon les aléas du parcours). Les villes doivent donc être pensées de cette manière là. Ils influent donc sur la réflexion urbanistique à cettepériode, ville plus ludique. La dérive est très souvent alcoolisée.
GRAV
GRAV Groupe de Recherches Visuelles > art cinétique et optique; a joué son rôledans le questionnement de la place du spectateur: dispositifs où le public doit bouger
Le GRAV propose des dispositifs dans la ville de Paris où le public doit participera joué son rôle mais pas le plus importants
Mass Moving
collectif d’artistes qui ont proposé des actions en Belgique surtoutpour mobiliser les consciences, débats démocratiques. Ils étain animés par cette utopie de transformer le monde par l’art
Sound Stream, 1975: (dernière oeuvre du collectif); oeuvre qui s’étend du Cameroun jusqu’en Norvège: bambou planté sur un axe qui relie les deux pays, troués auxnoeuds, avec le vent des sortes de flutes-éoliennesen 75, feu de désenchantements, ils brulent tout ce qu’ils ont fait.
Crise de la fin de la modernité
Cela cristallise cequ’il se passe à la charnière en 70: passage de la modernité à ce quo’n appelle la post-modernité; cad: modernité/projet moderne s’enracine dans le siècle des lumières, faire en sorte que la société permette à l’individu de s’épanouir, fantasme du progrès, il faut aller de l’avant, foi en la technique et en la raison qui vont remédier en tous les maux, projet optimiste, la notion d’individu est concomitante avec le projetmoderne (avant on parle de société) ≠ au 20e on se rend compte qu’à force de toutdélier (découverte de l’atome, ce qui est indissécable, le plus petit, l’individu) on y a perdu (atome: bombe atomique et gros traumatisme, hyper-individualisme), le progrès et le progrès moderne ont mené au pire.
Dans les années 60 c’est ce malaise qui se manifeste, crise de la fin de la modernité, qui explique mai 68, l’engagements de ces artistes; les choses ne changent pas suffisamment + choc pétrolier dans le début des 70’ —> fin de l’utopie, désenchantement, une sorte de césure conceptuelleentre le projet moderne et la post-modernité (fin les grands récits et grandesidéologies). Au niveaux des idéaux politiques on passe des choses binaires et polarisées à un éparpillement, une multitude de groupuscules mélangés.
Le Carnaval : jeu et transgression
Musica Electronica Viva/MEV
fondé à Rome dans les 60 ou 70?
musiciens issus du Jazz multiplient les performances musicales où ils demandent à des membres du public de
venir jouer, car il ne faut pas savoir jouer pour exprimer une créativité musicaleexpérimente et construisent des instruments
bruitistes aussi un peu
oeuvre collective, tout le monde peut être artiste
ils ont eu l’impression de redécouvrir la musique, la pulsion qui mène les humains àfaire de la musique >>> plus tard ils diront qu’il sont été naïfs de penser cela, depenser que ça aller changer
favorise l’esprit de carnaval, désordre social accepté, tout le monde participe,personne n’est là pour regarder
Harman Nitsch
À la même période Hermann Nitsch, joue aussi sur ce coté carnavalesque où toutle monde peut libérer ses passions, retrouver cet archaïsme du rite social. Fait partie des actionnistes viennois= performeurs utilisant le corps comme médium(scarification et autre), art pour condamner des aspects politiques qui régissent nos vies.
À partir de 1971, il commence à organiser ce qu’il appelle Théâtre des orgies et mystères. Mystère de l’antiquité grec= initiation. Performance, action où il n’y a pasdes spectateurs mais des participants, actions cathartiques, moment public quipermette de se libérer des ses pulsions. Souvent des crucifixions et des corps dans carcasses animales. Coté un peu glauque. Dans son chanteau, des centaines de participants. Litres de sang déversés. Musiques, banquets, presse du vin. Festivité proche socialement du carnaval, entre ordre et désordre. Expérience synésthesique,tous les sens sont éveillés, affirmation pleine de la vie, oeuvre d’art totale
Donald Winicott : le jeu
Donald Winnicott, psychanalyste nous dit à quel point le jeu est fondamental pourl’être humain, c’est une « aire intermédiaire d’expérience » que l’enfant va s’autoriser/se dessiner très tôt, cela va être son premier espace de communication (il n’a pasencore le langage), moment où il considère que tout est propice à la communication.Il considère que l’art c’est la même chose, on peut justifier dans l’art ce qu’on ne peut pas ailleurs. C’est la même chose pour la religion, un endroit où l’on peut inventer des choses. Ce sont des extensions du jeu, adultes on a besoin d’espaces où l’on peut imaginer et communiquer sans qu’on nous prennent pour des fous.
Art est un espace où le spectateur est libre, il peut se libérer des contraintes etnormes sociales; le carnaval aussi cet espace de liberté où l’on peut exprimer despassions enfouies
Cercle d’Art Progressif (CAP) et art relationnel
Généralités
groupe d’artistes belges (70’) CAP= cercle d’art prospectif
Jacques Lennep, tête pensante, artiste et historien de l’art
Ont beaucoup travaillé autour du livre d’artiste
apporte le terme d’art relationnel pour la première fois dans l’histoire de l’art
Art relationnel
terme relation= pas relation inter-humaine, mais plutôt dans le sens structuraliste —>penser que toutes les choses dans la réalité sont en relation, la réalité est unestructure d’éléments et ce qui compte ce sont les relations entre ces éléments. Toutobjet d’art est une relation entre les éléments, un ensemble de relations.
Au fur et à mesure la relation sociale prend de plus en plus de place —> l’art relationnel devient centré sur l’humain et le relationnel
Musée de l’homme
Musée de l’homme de Jacques Lennep: volonté d’exposer l’homme ordinaire; bcp degens qu’il connait ont des obsessions et des hobbies qui ont une dimension créative sans qu’ils se considèrent comme des artistes.
Ex: le mec qui est passionné desorchidées; collectionneur compulsif obsessionnel; le fan de foot; modele de photo decharme
—> tout le monde est potentiellement artiste, même idée que Fluxus et Beuys
Au même moment Fred Forest veut à tout pris revendiquer l’utilisation des nouveauxmédias dans l’art
Collectif d’art sociologique
il a mis en place un collectif d’art sociologique en même tant que le CAP; eux aussi utilisent le terme de relationnel pour l’art —> querelle
promenade sociologique: marche et s’arrête dans la ville pour regarder qqn travailler Madame Soleil au Musée Galliera en 75 Dans les 80 il met en place l’esthétique de la communication: art est affaire de communication
Achète espace blanc dans Le Monde pour laisser le lecteur le remplir et lui renvoyer
Projets artistiques récent mélant Art et Vie
Nicolas Bourriaud (~1990)
critique d’art français
suggère que de plus en plus d’artistes travaille le relationnel, un rapport de proximitéentre leur oeuvre et le public, éviter le malaise de l’art contemporain qui a crée unfossé avec son public. Rapprocher l’art contemporain du grand public.
Rikrit Tiravanija
propose dans les centres d’art des dispositif qui invite à la halte et la participation. Ex: studio avec des instruments de musique ou dispositif pour faire dela soupe à partager
Maurizio Cattelan
Maurizio Cattelan, Stadium: babyfoot démesuré
Philip Pareno
1995, Snow Dancing
histoire d’un lieu investit par des individus le temps d’une fête; ils font société donc; le lendemain ne reste que des traces. Il a ensuite fait une performance avec des cations suggérées, esthétique de la fête,dispositif relationnel, happening
succès et en même temps ouvrage très critiqué; notamment parce que ce sontdes dispositifs à mettre dans le milieu de l’art, comme des vernissages, c’est limité çan’a pas tellement d’impact, consensuel, pour un public qui est déjà avertit.
Institutionnalisation d’un art qui existait déjà dans les années 70.
Cyprien Gaillard
Cyprien Gaillard, The recovery of discovery (2011) > aurait pu être mentionnépar Bourriaud. Pyramide de pack de bière, le soir du vernissage le public est invité àmonter pour les boires, à la fin ne laisse que les vestiges, esthétique de la trace. Uneautre grille de lecture: il fait référence à l’Hotel de Pergam, monument turc quel’Allemagne a fouillé et pris pour le ramener en Allemagne, référence au colonialismeculturel, réflexion sur le malheureux patrimoine dénaturé par les campagnesarchéologiques du 19e (bières turcs)
Thomas Hirschhornn, Musée précaire Albinet (2004)
construire un projet avec les habitants du quartier, dans un quartier où le culturelmanque, volonté de les confronter au monde de l’art
musée où on y expose notamment des oeuvres prêtées par le Musée Pompidou —>proximité concrète avec le monde de l’art
Santiago Sirra
travail sur l’exploitation du travail
met en scene des participants
tatouage là
gros crasseux
Francis Alice (?)
2012 à Lima, il a appelé à participation pour déplacer une montagne
beaucoup travailler sur la cinéplasti> le mouvement
situationniste
celui qui a déplacé un bloc de glace à Mexico