Avant-gardes historiques
La notion d’objet est beaucoup travaillée dans le début du 20e siècle par les avant-gardes historiques, qui cherchent notamment à redéfinir le rapport entre art et médium pictural classique.
Cubisme

On observe par exemple une évolution au sein du cubisme dans la manière de mettre en tension la toile et son contenu. En 1909, la représentation d’une table est faite en perspective tronquée, gardant une notion d’espace tridimensionel que l’on observe par l’intermédiaire du tableau, qui agit comme une fenêtre.

La perspective a désormais laissé le pas à une fusion entre plan de la table et plan de la toile
En 1912, on voit un basculement (littéral) dans la manière de représenter le même objet. La table est désormais vue à la verticale, c’est à dire qu’elle fusionne avec le plan du tableau.
Duchamp (once again)

Duchamp est évidemment une référence incontournable quand il s’agit de questionner le rapport entre l’art et l’objet. Ses ready-made sont un défi clair à la conception classique de l’oeuvre d’art : en apposant sa signature et par là le statut d’oeuvre à des objets du quotidien (pissotière, porte-bouteille, etc.), il brouille la limite établie entre le banal objet et l’oeuvre.
Il va même plus loin en déconstruisant même jusqu’au geste artistique : on peut faire adouber un objet comme oeuvre officielle de Marcel Duchamp par simple autorisation postale, sans même que l’artiste ait à se déplacer et à avoir un quelconque contact physique avec l’oeuvre.

Evidemment, la réaction à cette initiative ne va pas être sans remous. Sur décision du jury, les Ready-made de Duchamp sont masqués lors de l’exposition où il devait les montrer. Notre Marcel préféré historicisera le geste au travail d’une édition nommée “The Blind Man”, explicitant par là le fait que le public n’ait pas encore perçu le geste qui se cache dans son oeuvre.
Hans Bellmer


Les jeux de la poupée, 1938 
Hans Bellmer interroge aussi l’objet, cette fois-ci sous une optique photographique. Son travail, qui est mené dans le cours des années 1930, montre des photos de poupées désarticulées et réarrangées pour provoquer un sentiment de gêne, d’inquiétant étrangeté (cf Freud, on y revient bientôt avec le surréalisme).