Grand Palais de Cristal construit à Londres à l’occasion de la première exposition universelle de 1851. Une structure de métal légère et démontable supporte l’assemblage de verre qui lui donne son nom. La structure n’existe plus aujourd’hui, emportée par un incendie en 1936.
Ici, le verre permet de quitter le régime architectural de l’opacité. Le verre laisse passer la lumière, donnant lieu à un nouveau genre d’architecture où le rapport entre intérieur et extérieur est sérieusement remis en question.
Death By Chocolate est un film tourné par Dan Graham dans un grand Mall américain. L’aspect spéculaire prend ici une teinte plus actuelle, pris dans une réflexion sur le capitalisme et la société du spectacle.
En particulier, un plan d’une salle vitrée dans laquelle un homme joue de la guitare mobilise de manière flagrante ces notions. Le verre sert ici de barrière entre lui et le public, marquant une distance socialement infranchissable entre sa personne et les personnes susceptible d’entrer en contact avec lui. Une jeune fille danse devant le spectacle. Le verre agit pour elle à la fois comme une barrière et comme un miroir qui va lui renvoyer sa propre image.
De manière générale, cette vidéo est un travail sur le découpage, l’enfermement et le spectacle, pris dans une série de plans à l’apparence décousue, mais qui peignent ensemble un portrait cru des régimes de pouvoir et de regard à l’oeuvre dans la société marchande de la fin du 20e siècle (et qui n’a pas changé d’un iota depuis).
Dans cet essai, Graham revient de manière plus approfondie sur les thèmes soulevés par Death By Chocolate. Il y décrit le double régime visuel du verre, qui génère à la fois une séparation et un reflet. Cela s’inscrit dans un rapport marchand : le consommateur est tenu à distance du produit tout en pouvant l’observer, reflété sur sa propre image, ce qui génère un désir. Ce désir prend racine dans la construction sociale de l’homme, qui va se construire par rapport à l’image de ses pairs. Le capitalisme, en projetant une image idéalisée d’un consommateur comblé et béat, amène l’homme à se construire par rapport à cette image irréelle. On crée alors un régime où l’homme est dans un état d’insatisfaction permanente, tentant de ressembler à une chimère dénuée de réalité. Par ce biais, la société marchande peut continuer de créer de nouveaux désirs chez le consommateur, nécessaires pour poursuivre le cycle infernal de la consommation moderne. La vitrine est donc ici un dispositif de capture et d’asservissement de nos propres désirs par l’expérience de l’incomplétude.
On retrouve dans ce schéma un rapport avec le perspectivisme qui a marqué l’avènement de la peinture de la Renaissance. De la même manière que la peinture n’existe que dans la conjonction entre le point de fuite de l’objet représenté et le point de vue du spectateur, le système de consommation n’existe que dans la conjonction entre un sujet marqué par le manque et l’objet qui est au centre du désir.
Pour plus de bonheur, plus de références : Panofsky, Origine de la perspective.
Les notes ci-dessous proviennent en majorité du travail John, avec Pierre sur certains chapitres et adaptations.
ATTENTION ! C’est probable qu’on ait fait des erreurs, esprit critique toussa, et hésitez pas m’envoyer un message si vous voyez des modifications à faire (Pierre Etheve sur fb).
Toute l’œuvre de Platon est pour ainsi dire dédiée à établir la définition de la philosophie. Nous allons analyser brièvement le Banquet et il sera vite évident que pour Platon, son maître Socrate incarne la figure même de la philosophie. Il lui a transmis sa manière radicalement différente de penser.
Le Banquet : philosophe = amoureux par excellence
Platon raconte un banquet qui avait lieu chez Agathon, un poète qui fêtait sa victoire à un concours de tragédie. Après leur Hang over de la veille, ils décidèrent de sagement discourir sur l’amour. Ils passèrent ainsi tout le dîner à faire l’éloge de l’amour et quand vint le tour de Socrate, celui-ci se montra perplexe :
Un éloge pour lui consiste à dire la vérité.
Il est incapable d’énoncer un discours continu donc il va procéder « comme d’habitude » et poser des questions qu’il accompagnera cette fois de l’anecdote de sa rencontre avec Diotime, une prêtresse.
Il tire de son questionnement avec Agathon que « l’amour est toujours désir de quelque chose ». Or l’objet que désire l’amour est la beauté (on verra plus tard pourquoi). Mais si l’on désire quelque chose, c’est évidemment justement parce qu’on ne le possède pas. Donc Amour n’est pas beau, mais bien l’intermédiaire entre la beauté et la laideur.
Pour expliquer cette notion d’intermédiaire et pourquoi est-ce que l’objet de désir de l’amour est la beauté, Socrate rapporte les propos de Diotime qui raconte le mythe de la naissance d’Erôs.
Mythe de la naissance d’Erôs (Diotime)
Penia, la Pauvreté a profité d’un comma éthylique de Poros, l’expédient (richesse passagère) pour lui faire on ne sait comment un bébé qui s’avère être justement Eros. Le tout le jour de l’anniversaire d’Aphrodite, ce qui explique pourquoi il est à la fois épris d’elle et qu’il est son servant.
Les caractéristiques d’Amour :
Tantôt il se meure, tantôt il revit à nouveau, il est à la fois mortel par sa mère et immortel par son père.
Il n’est jamais dans le dénuement de par son père mais ne peut pas profiter de l’opulence $$ à cause de la nature de sa mère.
À mi-chemin entre la sagesse et l’ignorance
Les Dieux ne philosophent pas car il possède déjà à la base la sagesse.
Les ignorants ne philosophent pas car ils pensent la posséder.
Qui philosophe alors ?
Justement ceux qui se situent entre les deux, les intermédiaires. Amour est l’un d’entre eux. Il est l’un ET l’autre.
La suite du texte se concentre sur l’alliance de la mortalité et de l’immortalité. Comment peut-on cumuler les deux ? Par la régénération explique Socrate. En effet la vie subsiste grâce à l’alternance de génération, du nouveau à la place du vieux. Et Socrate fait le parallèle avec l’acquisition de connaissances. On ne cesse d’oublier ce qu’on apprend et c’est par l’étude, qu’on assimile et qu’on remplace les vieilles connaissances par des nouvelles, cependant on ne cesse d’oublier les connaissances qu’on vient d’acquérir, c’est donc par la pratique d’une étude incessante qu’on se rapproche du savoir, sans jamais vraiment le posséder.
Et Platon définit la philosophie comme étant cette pratique, cet exercice incessant. L’histoire du Banquet est en fait un moyen d’expliquer ce qu’est la philosophie : une science qui n’a d’autre objet que le désir d’accéder à la sagesse.
Socrate glisse donc dans cette anecdote la nature du philosophe, quelqu’un qui possède la sagesse dans la mesure où il la désire. Ce qui fait de Socrate le philosophe, l’amoureux par excellence, l’incarnation d’Eros en quelque sorte. La philosophie est donc l’aspiration à la sagesse selon Platon, il ne la possède pas car elle appartient aux Dieux seuls. On peut donc plutôt les considérer comme « amis de la sagesse ». Cependant arrêtons-nous un instant sur l’ironie de cette déclaration : Si le philosophe est celui qui désire le savoir et le possède par le simple fait de le désirer, le philosophe est un homme divin.
Il est assez rapidement initié à la perspective. Il fait plusieurs portraits de profil. C’est aussi lui qui a dessiné Calice, montrant qu’il a une certaine obsession de l’objet.
Batailles de San Romano (1432)
Niccolo Da Tolentino à la tête des florentins, Bernardino Della Ciarda désarçonné et L’intervention de Micheletto Da Cotignola sont des tableaux commémoratifs de batailles gagnées par les florentins (vs Siennois). Uccello y créé la perspective principalement par la disposition des objets sur le sol en forme de damier (ce qui reflète encore une fois son obsession avec les objets). La lumière y est aussi fortement présente, aidant à donner de la profondeur au tableau tout en restant assez géométrique.
Ces peintures ne peuvent tout de même pas être qualifiées de réaliste étant-donné que tout est fait à partir de recompositions faites par d’autres personnes (lui-même n’étant pas présent durant les batailles). On peut aussi voir que l’endroit n’a pas complètement l’air réel (sol très lisse,…).
Dans le premier tableau on peut percevoir 4 plans différents, le dernier tableau n’aura plus qu’un seul plan.
Le déluge et le retrait des eaux (1448)
C’est une fresque (2m15x5m10) qui se situe dans l’église Santa Maria Novella. La fresque représente trois différents moments de l’histoire de Noé : la construction de l’arche, le déluge et l’annonciation de la fin du déluge par Dieu. Chaque élément de la fresque à été fait individuellement.
La chasse (1470)
C’est un tableau avec une forte perspective (troncs d’arbres,…). Le point de vue est plongeant (comme si le spectateur était à la même hauteur qu’un cheval), donnant deux points de chute.
Ce tableau illustre aussi bien le fait que, pour Uccello, la perspective n’est pas uniquement un outil mais qu’elle peut aussi être la finalité (peu de travail est accordé aux chevaux ou aux humains. Il n’a pas utilisé de dessin préparatoire.
Il était au début peintre de manuscrits, il y travaillera beaucoup avec les couleurs. C’est un des artistes qui métrisait le mieux la perspective. Il s’intéressait principalement à transcrire la bible en images. Sa peinture n’était pas réaliste.
Saint Thomas d’Aquin (1227-1274)
La lumière est le principe formel de la couleur. Lumière et couleur sont donc un seul et même visible (=unité du monde, le divin et le réel sont présents dans le même monde). C’est un principe que Angelico reprendra lui aussi, la lumière sera donc assez immanente dans ses tableaux, avec presque pas d’ombres visibles.
L’annonciation de Cortone (1434)
C’est un retable de la discussion entre Gabrielle (l’ange) qui annonce à Marie qu’elle va devoir porter l’enfant de Dieu. Au fond du tableau (à gauche), l’on peut voir Adam et Ève qui se font chasser du Paradis (étant la cause de l’histoire). L’on voit aussi une porte ouverte qui mène à une chambre, représentant le ventre d’une vierge. L’espace est aussi composé de 3*3 colonnes, représentant ainsi la trinité.
Les paroles sont écrites sur le tableau même en doré : « L’esprit sain va venir en toi, et la puissance du haut te couvrira de son ombre », « Je suis la servante du seigneur, qu’il me soit fait selon ??? ». La réponse de la vierge est écrite à l’envers car elle n’est pas en réponse à ce que l’ange lui dit mais plutôt en réponse directe à Dieu.
Rien n’est dramatisé, il veut juste raconter l’histoire, tous les outils aident à cette finalité (perspective,…). La lumière se trouve dans la couleur (voir 1.2.1.), celle-ci est cause de tout, origine de ce qui existe.
Le couvent de San Domenico di Fiesole + L’annonciation de San Marco (1435)
C’est un couvant qui se trouve à Florence, construit par Giovanni Dominici en 1435. Angelico reçoit comme commande de faire une fresque pour chaque chambre de moine du couvent. Il doit donc peindre des fresques destinées aux prières et à la méditation. Il décidera d’utiliser un langage plus simple et sobre.
Sa première œuvre sera une nouvelle version de l’annonciation, dans laquelle il change les couleurs, et enlève Adam et Eve de l’arrière-plan. Il fait cela car cette peinture est visée à des moines, qui connaissent déjà l’histoire de la religion. Il a donc un langage différent dépendant du public qu’il vise.
La peinture se trouve en haut d’escaliers, et elle est centrée pour cet endroit (la perspective est faite de manière à ce qu’elle soit une continuation du champ visuel du spectateur). Il change aussi certaines colonnes vers l’ionien, afin qu’elles correspondent aux colonnes de l’architecture du bâtiment (= art in situ).
Il utilise un langage assez minimal dans toutes les fresques du couvent (moins de mobilier, peu de détails,…).
L’annonciation N°3
Il fera encore une autre version de l’annonciation dans le même couvent. C’est encore une peinture in situ, qui suit la structure des colonnes du bâtiment. Cette peinture ci est encore plus simple que la précédente, elle aurait été pensée selon un espace réel. L’effet d’oblique fait en sorte que l’ombre portée de la vierge est l’ange.